5. Technologies, information et mobilisations à l’ère numérique

Responsables : Céleste Bonnamy, Julien Boyadjian, Marcel Moritz

Cet axe aborde les reconfigurations induites par la révolution numérique, sous l’angle du droit, de la sociologie et de la science politique. Ces reconfigurations sont plurielles : entre le secteur public et privé, au sein des rapports de travail, dans l’accès à l’information ou encore dans les formes de participation politique.

L’impact des technologies numériques sur les droits et libertés

La protection des données personnelles a fait l’objet de nombreuses études au sein du CERAPS. Ces recherches demandent à être enrichies d’approches complémentaires, par exemple sous l’angle des stratégies de renseignement, de cybersécurité et de cyberdéfense. Ainsi, la surveillance des communications, le déchiffrement, les caméras « augmentées » ou encore les drones sont autant d’outils de techno-surveillance dont la mise en œuvre questionne bien au-delà du seul cadre juridique. Outre ces enjeux de surveillance, les technologies numériques – comme l’intelligence artificielle – peuvent aussi reconfigurer en profondeur le rapport des individus à la santé, au travail, à l’administration et à la puissance publique, sans pour autant que l’impact de ces évolutions ne soit toujours pleinement anticipé ni conscientisé.

Les bouleversements de l’information

C’est à la fois la production et la consommation de l’information qui sont transformées par le développement des technologies numériques. L’ouverture des données publiques – et parfois privées – en est un exemple. Par ailleurs, le Web2 a décloisonné les barrières entre production et création de contenus, notamment avec le développement des réseaux sociaux et des plateformes. Il a engendré une liberté d’expression théoriquement renforcée. Mais il a également donné naissance à des géants du numérique qui se nourrissent du capitalisme de surveillance. Désinformation, bulles de filtres, haine en ligne, centralisation sont autant d’effets, qu’il convient de documenter. Les promesses du Web3 sont précisément de décentraliser de nouveau le Web, en redonnant le contrôle aux internautes. Les obstacles sont toutefois nombreux et la technologie blockchain a d’autres conséquences, s’agissant notamment de la préservation des prérogatives essentielles de la puissance publique.

L’évolution des modes de participation politique

Les formes contemporaines de participation politique se nourrissent des mêmes canaux de communication. L’enjeu est alors à la fois d’analyser comment ces nouvelles formes de participation s’articulent avec les « anciennes » et en quoi les circuits décisionnels administratifs et politiques s’en saisissent. Dans quelle mesure émerge une e-démocratie qui laisserait une place plus grande aux citoyen·nes ? La fracture numérique ne se combine-t-elle pas plutôt à la fracture sociale (c’est la question de l’exclusion numérique) ? Les nouvelles technologies de la communication et de l’information ne peuvent-elles pas, finalement, se retourner contre la démocratie elle-même ? Ces questions se posent à la fois dans le cadre des démocraties libérales et d’autres types de régime.