3. International, Europe(s), transnational / International, European and Global Studies
Responsables : Anne Bazin, Marie Saiget
Qu’elles portent sur les conflits, la mondialisation, le droit européen, le multilatéralisme, les migrations ou les politiques publiques internationales et européennes, les recherches des membres du CERAPS questionnent depuis longtemps les formes mouvantes et les changements d’échelle du politique. Cet axe entend articuler et faire dialoguer différentes manières d’appréhender l’international, l(es) Europe(s) et le transnational à travers l’analyse des phénomènes sociaux, qu’ils relèvent des relations internationales ou transnationales, des circulations et des processus d’internationalisation et d’européanisation, mais aussi l’analyse des récits sur l’« international », l’« Europe » et le « transnational » comme le produit de nos représentations.
Conflits et sorties de conflits
Le CERAPS a inscrit au cœur de ses objets de recherches les problématiques des conflits et des sorties de conflit, et ce dans différents contextes et sur différents terrains : en Europe, en Europe de l’Est, au Moyen-Orient, en Afrique et en Amérique latine. Les réflexions qui en découlent interrogent ces configurations conflictuelles et les politiques associées (politiques de sécurité et de gestion de crise, médiation, pacification, justice transitionnelle, aide humanitaire, développement, sécurité humaine, anticipation des menaces, politiques de l’histoire et de la mémoire, etc.). Elles abordent également les discours sur les conflits et les discours de justification de la violence, ainsi que la construction des mémoires collectives. Plusieurs projets ANR en cours étudient les transformations des mondes de l’aide et l’économie politique des sociétés marquées par la violence (ANR Forpeace sur les politiques environnementales ; ANR Polexa sur le retrait des organisations internationales des contextes post- guerre).
Europe(s)
Le laboratoire est également marqué par une tradition d’étude de la transformation du gouvernement dans le cadre de l’intégration régionale en Europe, avec une focale sur la sociologie de l’action publique et la sociologie des acteurs de l’« Europe ». Une question étudiée par plusieurs membres du laboratoire est celle de la représentation politique à plusieurs échelles, en prenant en compte différentes temporalités socio-politiques et espaces de normes. Les chercheur·es du CERAPS s’intéressent également aux processus de configuration et reconfiguration du régime politique de l’Union européenne et des politiques publiques européennes, en étudiant les décisions en incertitude radicale dans des moments de crise (projet DePERU), les effets de la guerre en Ukraine sur les équilibres institutionnels ou encore la sociologie des acteurs européens investis dans le processus de l’élargissement.
Circulations et migrations
L’axe a aussi vocation à nourrir un agenda de recherche sur les circulations des biens symboliques, à savoir les processus de production, de circulation et d’import/export, d’appropriation et de réception des idées et pratiques – particulièrement dans les domaines relevant des savoirs d’État. Le prisme circulatoire permet de saisir les phénomènes de domination à l’international, entre le « Nord » et le « Sud » par exemple, ou encore les processus de dépolitisation des problèmes, en particulier par les organisations internationales. Cet axe s’intéresse aussi aux migrations et à la gouvernance mondiale des réfugié·es (ANR Amore en cours). Les chercheur·es du CERAPS appréhendent ces problématiques à l’aune de la sociologie des acteurs (courtiers, intermédiaires, petits entrepreneurs de l’international, passeurs, etc.) et la cartographie des espaces (interstices transnationaux, foires ou marchés internationaux) où ces personnes, biens et idées sont mis en circulation.
Au-delà de ces trois thèmes, cet axe entend ouvrir une réflexion sur les enquêtes globales. Qu’elles empruntent à l’analyse de discours, à des méthodes quantitatives ou qu’elles soient basées sur des enquêtes ethnographiques approfondies, les recherches menées au CERAPS ont en commun un fort ancrage empirique et le partage d’une même démarche sociologique. La réflexion vise ainsi à interroger la spécificité des terrains « globaux » en termes de réalisation pratique et matérielle de la recherche, en particulier les terrains lointains, souvent éclatés et parfois étiquetés comme « dangereux ». Il s’agit aussi de questionner les implications de ces recherches sur le plan éthique et scientifique : analyser différentes échelles d’action, travailler sur un pays/terrain étranger ou mener une recherche comparée implique souvent d’interroger et d’adapter des outils théoriques et méthodologiques existants, voire de faire preuve d’une certaine inventivité.