4. Politique de l’environnement : droit, action publique, mobilisations
Responsables : Magali Dreyfus, Caroline Huyard, Mathilde Szuba
Dans le cadre de cet axe, l’environnement est envisagé à la fois comme un enjeu de pouvoir et un objet de régulations. La prise en compte des limites écologiques et la problématisation des enjeux environnementaux soulèvent d’importantes questions en termes de redistribution du pouvoir, de justice sociale, de redéfinition des pratiques légitimes, qui font de l’environnement un objet éminemment politique. Dans cette perspective, cet axe s’intéresse d’une part à la façon dont le droit et l’action publique se saisissent de ces enjeux et, d’autre part, à la réception des dispositifs mis en place ainsi qu’aux mobilisations (de toutes sortes) associées aux problèmes environnementaux (qu’elles soient le fait de militant·es écologistes, d’élu·es, de collectifs « citoyens », d’individus touchés par des mesures prises au nom des enjeux écologiques...). La production de normes (formelles et informelles) et la justice environnementale constituent deux questions centrales de l’axe, qui inclut des travaux à différentes échelles, du niveau local à l’international. Quatre entrées sont privilégiées : la production, la consommation, le territoire et la démocratie.
Production
Les travaux sur la production s’attachent à analyser la manière dont l’intégration des enjeux environnementaux et écologiques reconfigure certaines activités ou certains secteurs, comme les industries extractives (réouverture de mines) ou l’agriculture (devenir du machinisme agricole, transformation des modèles agricoles). Ils interrogent aussi la réception locale de nouvelles infrastructures comme les énergies renouvelables (par ex. le développement de l’éolien). Ils pourraient s’ouvrir aux questions liées à des objets tels que l’éco-conception, l’économie circulaire ou encore la promotion des « low tech ».
(Non-)Consommation
Les travaux sur la consommation ou la non-consommation ont pour point commun de s’intéresser aux effets associés à la survenue de contraintes de finitude ou d’invitations à la sobriété. Le champ d’étude inclut les concepts mobilisés pour penser et organiser la transformation des modes de consommation, les instruments mis en œuvre par l’action publique, leur réception par les gouverné·es et les contestations ou adaptations qui peuvent en découler. Le logement, les transports et l’alimentation font partie des champs d’investigation privilégiés.
Territoire
Un autre objectif de recherche associé à cet axe est d’appréhender la façon dont l’aménagement et l’usage des espaces sont travaillés par les enjeux environnementaux. La manière dont les villes intègrent les enjeux environnementaux constitue une entrée privilégiée (planification urbaine, intégration du problème de la finitude dans les politiques urbaines, politiques du logement...), mais d’autres espaces, faisant parfois l’objet de politiques de protection spécifiques, sont aussi l’objet d’attention (espaces littoraux progressivement grignotés, espaces ruraux susceptibles d’accueillir la production d’énergie renouvelable...). Ces thèmes pourront être élargis, notamment à la question de la gestion de la ressource en eau.
Démocratie
Les travaux sur les enjeux démocratiques dans les politiques de l’environnement renouvellent des questions classiques de la science politique : inégalités territoriales et sociales face à la contrainte environnementale ; participation citoyenne ; contestation des choix de politique ou de leurs modalités de mise en œuvre. L’axe intègre aussi l’étude de la production et de la diffusion d’idées politiques (écoféminisme, écologie radicale/deep ecology...). Une attention particulière est portée aux écologies populaires, c’est-à-dire aux rapports ordinaires aux questions environnementales.