Table ronde "Quantifier les qualités écologiques : les apports d’Alain Desrosières" et remise du Prix A. Desrosières (6e édition)

Séminaire
Amphi Cassin (FSJPS, U. Lille)

Vous êtes toutes et tous les bienvenu·es (inscription obligatoire pour les personnes extérieures à l'Université de Lille afin de pouvoir accéder au campus : ici)

Au programme :

14h – Table ronde “Quantifier les qualités écologiques : les apports d’Alain Desrosières”

Thomas Amossé | sociologue et statisticien, administrateur INSEE au Cnam, labo. de sociohistoire des sciences (HTIZS)

À l’occasion de cette table ronde, je présenterai une recherche en cours et un projet administrativo-scientifique qui s’engage autour des catégories de l’économie verte (groupe de travail du Cnis). Il s’agira, dans une perspective d’analyse critique d’inspiration desrosièrienne, de revenir sur l’histoire de ces catégories, de discuter leur présupposés moraux et politiques ainsi que leurs apports et limites, les constats qu’elles permettent d’établir et les questions plus générales qu’elle pose en tant qu’instruments de quantification. Je pourrai alors esquisser quelques lignes de réflexion plus larges sur les statistiques publiques de l’environnement d’une part et, autour du double numéro récemment paru de Statistique et société (2025-2 et 2025-3), d’une caractérisation possible de “nombres écologiques”.

Tamara Ben Ari | chercheuse HDR INRAE / UMR Innovation Montpellier, cofondatrice de Labos 1point5

Labos 1point5 est un projet qui, en saisissant l’empreinte carbone des activités scientifiques, par le bas et par la quantification, a réussi à ouvrir la porte de nombreux laboratoires de recherche en France. Qu’en est-il des multiples décisions qui ont été prises pour rendre ce projet possible, à la fois sur les terrains quantitatifs et stratégiques, qu’a-t-on appris et qu’est-ce que que cela a changé ? Que s’est-il passé, ou que semble-t-il s’être passé dans les unités de recherche ? Une courte intervention pour tenter de tirer le fil qui relie l’empreinte carbone de nos recherches à la question de leur sens, à l’heure de la crise climatique.

Florence Jany-Catrice | professeure en économie, titulaire de la chaire EQAM, labo. LASTA (Université de Rouen Normandie)

Si l’offre de données écologiques territoriales semble marquée du sceau de la « multitude » (multitude d’acteurs producteurs et structurateurs de données, multitude de données sur une grande variété de dimensions écologiques, multitude d’échelles d’observation), elle est aussi caractérisée par une absence d’ordination levant finalement assez peu l’incertitude radicale à laquelle les sociétés font face. Cette multitude de nombres écologiques singuliers tient aux jeux d’acteurs et de pouvoir qui traversent ce monde de producteurs de données. Dans cette présentation Florence Jany-Catrice rendra compte de travaux menés pendant 3 ans autour de l’élaboration délibérative d’un indicateur composite de qualité écologique des territoires. Elle se centrera ici sur la morphologie de l’infrastructure de données écologiques territoriales, suggérant que la distance est encore longue pour qualifier l’Etat d’écologique.

Nelo Magalhaes | chargé de recherche au CNRS (Clersé, UMR 8019)

Cette présentation propose une réflexion critique et réflexive sur l’usage de la “quantification environnementale” en sciences sociales. Nous la déplierons à partir des analyses historiques du capitalisme (mondial et français) en longue durée à partir de bilans de flux de matières. Nous présenterons les limites et les difficultés épistémologiques inhérentes à ce type d’interdisciplinarité et les moyens d’y faire face.

16h30 – Remise du prix Alain Desrosières suivie d’un cocktail

Adresse de la Faculté des Sciences Juridiques, Politiques et Sociales de l'Université de Lille : 1 place Déliot, 59000 Lille, Métro Porte de Douai